P-O : Quel littoral pour demain ?

19/03/2018

Pendant deux jours, les 14 et 15 mars derniers, au Palais des congrès Georges-Pompidou de Perpignan, les « acteurs-clés » du littoral roussillonnais se sont retrouvés dans le cadre  d’un séminaire intitulé : « Quel littoral pour demain ? ».

Ce séminaire visait à accompagner et à sensibiliser les élus, les acteurs de la mer, les professionnels et les usagers, aux problèmes soulevés par l’érosion de nos côtes dans un contexte de changement climatique. « S’adapter en modifiant nos politiques et démarches d’aménagement ? », telle est la question qui, désormais, se pose avec de plus en plus d’acuité dans le cadre du changement climatique tant les enjeux sont importants au niveau économique, environnemental et social.

Organisé par le Parc naturel marin du golfe du Lion (Agence Française pour la biodiversité), présidé par Michel Moly, par ailleurs 1er vice-président du Département des P-O, et l’Observatoire de la cote sableuse catalane (l’OBSCAT) animé par l’Agence de l’Urbanisme Catalane (l’AURCA), ce rendez-vous a permis à plusieurs personnalités de la métropole Perpignan Méditerranée de s’exprimer sur le sujet, parmi lesquelles : Marc Médina, président de l’Office de tourisme communautaire de Perpignan Méditerranée Métropole (PMM), maire de Torreilles, Pierre Roig, vice-président de PMM, maire de Sainte-Marie-la-Mer… et Henri Got, président du C2D (Conseil du Développement Durable/ PMM), grand témoin de ce séminaire.

Les organisateurs ont planté le décor : « En Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée, ont-ils averti, comme dans de nombreuses régions du monde, l’importante croissance démographique couplée à l’accroissement des risques naturels sur le littoral – érosion, submersion marine et inondation – ont pour conséquence l’augmentation de la vulnérabilité de nos côtes. Les risques naturels menacent aujourd’hui les enjeux humains, socio-économiques et patrimoniaux sur le littoral (…) ».

 

 

 

Côte catalane, les sites les plus vulnérables…

 

Sur la Côte sableuse catalane, les sites recensés comme particulièrement vulnérables, et qui se caractérisent par un recul du trait de côte, sont : Le Racou (Argelès-sur-Mer), le nord du port de Canet-en-Roussillon, le nord immédiat de la zone des épis de Sainte-Marie (2,9 mm sur cinq ans), la plage de la résidence Les Miramars (Le Barcarès) et le village naturiste de Leucate (dans le département de l’Aude).

Les deux journées se sont appuyées sur des séances plénières et des ateliers. Ainsi, le mercredi 14 mars a été consacré à la mise à jour des connaissances scientifiques, techniques, règlementaires et à la présentation d’outils opérationnels pour aborder la question. Le lendemain, les discussions ont été animées par des retours d’expériences, des prises de paroles d’élus pendant une table ronde qui a permis d’esquisser une feuille de route afin de continuer à s’investir sur ce sujet et, surtout, à en faciliter la prise en compte au sein du Parc naturel marin du golfe du Lion et sur la façade littorale de la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée.

Lors de cette table ronde, Marc Médina et Pierre Roig ont évoqué les actions de PMM, les « veilles » nécessaires et la logique de gestion qui vise à concilier l’attractivité du territoire dans la façade maritime et la préservation des espaces naturels, justement dans un contexte d’adaptation aux risques littoraux. Rechercher et promouvoir d’autres modèles de développement pour profiter des richesses littorales tout en les respectant : tel est l’enjeu du moment, ou plutôt le défi !

  • « Je me réjouis de ces deux journées de travail, a exprimé Marc Médina. Car elles ont mis en lumière tout à la fois l’importance économique, touristique et environnementale de notre façade maritime, mais aussi son extrême fragilité et la nécessité absolue que nous avons de protéger tous ces espaces par une gestion rigoureuse et collégiale, avec tous les partenaires qui nous entourent, qui nous accompagnent, je pense là plus particulièrement à la Région Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée et à l’État. Je me réjouis enfin du travail remarquable réalisé par l’OBSCAT, car il nous permet d’imaginer l’évolution de notre littoral et d’en tirer les éléments de compréhension nécessaires pour imaginer le futur ».

Certaines révélations faites lors de ce séminaire ont sonné comme une alerte : entre 1984 et 2009, le littoral, principalement sableux du Golfe du Lion a connu une érosion généralisée avec des volumes perdus sept fois supérieurs aux volumes gagnés entre 1958 et 1984 (Etude Atlas des bilans sédimentaires du CEFREM). De plus, l’élévation du niveau marin, estimée à 2,7mm par an à partir du marégraphe de la ville de Sète (étude MISSEVA du BRGM), a pour effet d’accélérer le phénomène. Pour des raisons naturelles et anthropiques, cette situation s’aggrave et l’adaptation des territoires littoraux devient indispensable. C’est là presque un scénario-catastrophe qui a été présenté : « le littoral bouge, il est illusoire de vouloir le fixer partout ; les solutions lourdes et coûteuses choisies lors de l’aménagement touristique du littoral deviennent difficiles à mettre en œuvre et s’avèrent même inefficaces à l’échelle de la cellule sédimentaire », ont averti les organisateurs du séminaire.

 

 

 

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